Jean-Michel Despin, un chef d’orchestre avec la passion comme partition
À la direction de l’Orchestre Melun Val de Seine (OMVS) depuis près de trente ans, Jean-Michel Despin a accompagné des milliers de musiciens, amateurs et professionnels, et contribué à faire de cette formation un pilier de la politique culturelle de la Communauté d’Agglomération. Retour sur un parcours marqué par la passion, l’innovation et le partage.
Comment votre vocation de chef d’orchestre s’est-elle dessinée ?
La musique a toujours fait partie de ma vie. Après des études au Conservatoire de Nancy, j’ai eu la chance de me former auprès de grands maîtres comme Gérard Devos, Jean-Sébastien Béreau et surtout Sergiu Celibidache, qui reste pour moi une figure majeure. En 1990, j’ai débuté ma carrière en dirigeant ponctuellement la Camerata d’Athènes. Parallèlement, j’ai été invité à diriger divers ensembles en Europe, notamment des orchestres de jeunes issus de conservatoires. Aujourd’hui, en plus de mon poste permanent de chef d’orchestre à Melun Val de Seine, je collabore régulièrement avec des formations en France et à l’étranger, comme à Podgorica, au Monténégro.
Qu’est-ce qui vous a conduit à prendre la direction de l’Orchestre Melun Val de Seine ?
En 1997, la Communauté d’Agglomération m’a contacté pour diriger l’OMVS, créé l’année précédente. L’idée de participer à la naissance d’un orchestre, avec une gouvernance déterminée à en faire un fer de lance culturel, m’a immédiatement séduit. C’était une opportunité unique de construire quelque chose de durable et d’ambitieux.
Qu’est-ce qui distingue l’OMVS des autres formations ?
Son mode de fonctionnement. Les membres de l’Orchestre sont recrutés parmi les élèves des conservatoires du territoire mais aussi d’amateurs de bon niveau, qui, pour bon nombre d’entre eux, viennent d’au-delà des frontières de la Communauté d’Agglomération. Enfin, un compagnonnage a très tôt été instauré : des professionnels sont invités à renforcer certaines familles d’instruments, faire travailler les membres et jouer à leurs côtés lors des concerts. Un modèle innovant qui a fait l’unicité de l’OMVS en France durant ses premières années.
Pouvez-vous nous parler d’une action qui vous tient particulièrement à cœur ?
Parmi les nombreuses initiatives menées depuis la création de l’Orchestre – comme Les Musicales de Melun Val de Seine, les tournées européennes ou la participation de l’OMVS au centenaire de la signature de l’armistice de 1918 au musée de la Gendarmerie Nationale -, la création de la Camerata Melun Val de Seine en 2009 occupe une place spéciale. Cet ensemble, à géométrie variable, du quatuor à 20 musiciens, avait pour ambition de créer un pôle d’excellence en musique classique sur le territoire. Il y a dix ans, le projet a évolué en un programme éducatif auprès des lycées du territoire. Les musiciens de la Camerata ont quitté les grandes scènes pour les salles de classes. Accompagnés d’un historien de l’art, ils rencontrent désormais les élèves pour leur faire découvrir les instruments, les répertoires et l’histoire des musiques classique et baroque. Partager la passion de la musique classique avec les publics les plus éloignés est pour moi essentiel.
Quel regard portez-vous sur l’OMVS aujourd’hui ?
Je suis fier de voir que l’Orchestre a su fidéliser son public et attirer des musiciens toujours plus nombreux. Certains sont là depuis le début, ce qui est très émouvant. J’admire aussi la régularité et l’engagement de tous ceux qui, chaque semaine, relèvent le défi de la musique, à la fois sublime et exigeante. Diriger un orchestre, c’est avant tout une aventure humaine, artistique et musicale.
Diriger un orchestre, c’est avant tout une aventure humaine, artistique et musicale.
DATES CLÉS
1990
Jean-Michel Despin entame sa carrière de chef d’orchestre avec la Camerata d’Athènes.
1997
Il prend la direction de l’Orchestre Melun Val de Seine.
2009
Création de la Camerata Melun Val de Seine.
2026-2027
L’OMVS fête ses 30 ans.
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Geneviève Dogbé, de l’engagement associatif à la création d’un tiers-lieu
Melunaise, Geneviève Dogbé est la directrice et cofondatrice de Place D. Elle revient pour nous sur son parcours associatif et sur les motivations qui l’ont conduite à créer ce tiers-lieu éclectique, installé au 13 rue Notre-Dame à Melun. Un espace de convivialité qui vise à recréer du lien, à l’échelle locale, entre habitants et générations.
Quel a été votre parcours associatif et qu’estce qui a motivé votre engagement ?
Ma première expérience associative a été professionnelle plutôt que bénévole. Jeune diplômée, j’ai travaillé pour le réseau des Comités d’Éducation pour la Santé. Ce n’est que plusieurs années plus tard, à mon retour à Melun en 2015, que je renoue avec le milieu associatif. Une amie me fait découvrir l’association Alternatiba Sénart, qui oeuvre à la sensibilisation sur le dérèglement climatique. Avec eux, je participe à une édition des villages des alternatives et à plusieurs marches pour le climat, notamment à Melun. Je souhaite également m’investir dans la vie melunaise. Je me rapproche donc d’un groupe de citoyens, fondateurs de l’association Les Copains du Coin, axé sur l’animation festive et conviviale et le partage de connaissances entre les habitants de Melun et son agglomération. Avec eux, je participe à la création des ateliers de réparation, toujours actifs aujourd’hui, et je deviens présidente de l’association en 2020. Je crois que chacun a un pouvoir d’action ; j’ai découvert que le mien était celui de l’engagement de proximité.
Comment est née l’aventure Place D ?
J’ai voulu rapprocher mes valeurs citoyennes de ma vie professionnelle. L’idée d’un lieu de vie ouvert, à la croisée des mondes associatif, culturel et économique, s’est alors imposée. N’étant pas issue de l’entrepreneuriat, j’ai sollicité l’accompagnement de l’Atelier, le centre d’affaires de la Communauté d’Agglomération Melun Val de Seine. Pendant près de trois ans, ce dispositif m’a aidée à appréhender la création d’entreprise et à concrétiser chaque étape du projet. Au fil de ce parcours, j’ai rencontré des personnes partageant les mêmes valeurs, avec lesquelles je me suis associée. Ensemble, nous avons défini l’identité de Place D, recherché un local et mobilisé des partenaires financiers. L’Agglomération a d’ailleurs soutenu notre projet en mobilisant des fonds européens pour la création d’espaces de coworking.
Comment définiriez-vous l’identité de ce lieu ?
Place D est un lieu pluriel, construit autour de quatre axes : la restauration, les activités socioculturelles, la communauté professionnelle et le bien-être. Le restaurant a été conçu comme une première porte d’entrée du lieu, tout en servant d’incubateur à de jeunes restaurateurs. Le restaurateur propose une cuisine faite maison élaborée à partir de produits de saison. Le volet socioculturel vise à favoriser les rencontres à travers la culture. Les intervenants organisent des cours (dessin, yoga, ateliers polyglottes, danse…), on met notre salle polyvalente à disposition des habitants qui souhaitent organiser une soirée concert, des expositions… On accueille toutes les idées et on propose notre aide pour les concrétiser. Côté communauté professionnelle, Place D offre un espace de coworking, des bureaux, des salles de réunion et des temps d’échanges conviviaux (cafés des coworkers, rendez-vous networking…). L’objectif est de créer un écosystème d’acteurs locaux qui partagent des valeurs communes et souhaitent faire vivre le territoire. Enfin, le bienêtre est présent partout : dans la restauration, les activités proposées, mais aussi à travers un espace dédié où exercent des praticiens en médecines douces.
Quels sont vos projets à venir ?
Bien que Place D se veuille intergénérationnel, nous peinons encore à toucher la jeunesse. Pour y remédier, nous avons récemment créé un club dédié aux adolescents, ouvert chaque mercredi après-midi de 14h à 17h. C’est un lieu d’expression libre, où les jeunes peuvent expérimenter, créer, échanger. Nous espérons pérenniser cette initiative.
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Portrait : Julien Garin et Sophie Revel
Julien Garin, élève de 5e à l’Institution Sainte-Jeanne-d’Arc de Melun a brillamment remporté la première place du Concours Kangourou 2025. Un concours national de mathématiques auquel l’établissement scolaire participe depuis de nombreuses années et qui s’inscrit dans son projet pédagogique de valorisation des mathématiques, porté notamment par Sophie Revel, enseignante et coordinatrice de matière. Rencontre avec deux amoureux de la discipline.
Julien, tu as terminé premier au Concours Kangourou 2025. Comment as-tu préparé cette compétition ?
J.G : L’an dernier, j’avais déjà obtenu un bon classement, mais cette fois, je voulais viser la première place. Avec mon père, on a fouillé les annales des années précédentes pour s’entraîner. L’objectif ? Me familiariser avec le format des questions, repérer les pièges classiques et surtout apprendre à gérer mon temps : 24 questions en 50 minutes, ça ne laisse pas de place à l’hésitation ! Ces séances d’entraînement m’ont aussi appris une chose : même quand on a des facilités, c’est la pratique qui fait la différence. Sans cela, je n’aurais pas progressé aussi vite.
À la suite de ton classement au concours, tu as été invité à participer aux Trophées Kangourou. Peux-tu nous en dire plus ?
J.G : C’est une compétition entre les dix premiers lauréats de chaque niveau (6e, 5e, 4e, 3e et Seconde) ayant participé au jeu concours Kangourou. J’ai donc concouru face aux dix meilleurs élèves de 5e issus d’établissements scolaires de toute la France et même d’établissements scolaires français de l’étranger. C’était un vrai défi, mais j’ai gardé confiance en moi. J’ai donné le meilleur de moi-même, et j’ai eu la chance de remporter la première place. Une expérience inoubliable, et une grande fierté de représenter mon collège !
Sophie Revel, l’Institution Sainte Jeanne d’Arc mise sur une approche plus ludique des maths. En quoi consiste votre projet pédagogique ?
S.R :Notre idée, c’est de démystifier les maths en les rendant accessibles et amusantes. Chaque année, on s’appuie sur la Semaine des Mathématiques (organisée par l’Éducation nationale) pour proposer des activités originales : un concours photo sur ce que les maths évoquent pour les élèves, un concours de dessin autour du nombre π, et bien sûr, des énigmes pour tous les niveaux. On organise aussi des séances de préparation au Kangourou.
Quel impact constatez-vous sur vos élèves ?
S.R : Le jeu change tout : les élèves deviennent plus confiants et moins stressés face aux erreurs. Ils osent davantage. Proposer des animations qui mêlent les mathématiques avec d’autres domaines permet de concevoir différemment la matière et les profils moins scientifiques peuvent ainsi trouver leur place. On insiste aussi sur le fait qu’on trouve des applications des mathématiques dans différents domaines : l’architecture, le sport… Puis, c’est un langage universel : un symbole mathématique a le même sens partout dans le monde. Enfin, à titre personnel, je continue de varier les approches de la matière jusque dans mes cours afin d’impliquer un maximum d’élèves, car ce qui fonctionne pour certains ne fonctionne pas forcément pour tous. Coloriages magiques, dominos, jeu du marchand, clips vidéo, supports de cours variés… j’innove constamment ! Mais il reste encore du travail à mener, notamment concernant les stéréotypes de genre qui entourent la discipline.
même quand on a des
facilités, c’est la pratique
qui fait la différence.
Julien Garin
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