Laurent Huard, un Rochettois ambassadeur de sa commune
Rochettois depuis toujours, Laurent Huard s’investit depuis près de 30 ans dans le tissu associatif de sa commune. Mordu de sport et féru d’histoire, il transmet ses deux passions aux habitants, et depuis peu, aux visiteurs et touristes de Melun Val de Seine. Rencontre avec un homme pour qui l’engagement rime avec transmission.
Pouvez-vous nous parler de votre parcours associatif ?
Mon père, René Huard, était une figure du milieu associatif rochettois. Il a présidé plusieurs clubs sportifs, au point qu’un gymnase porte aujourd’hui son nom. J’ai grandi dans cet univers : athlétisme, basket… Le sport a toujours fait partie de ma vie. À l’âge adulte, j’ai voulu m’investir à mon tour. J’ai contribué à l’organisation du 10 km de La Rochette et cofondé le club de supporters de l’équipe féminine de volley-ball, que nous avons suivie jusqu’en Coupe d’Europe ! Après une pause liée à mes fonctions politiques locales, j’ai repris le chemin des associations en 2021 en rejoignant Les Amis de La Rochette. L’histoire de ma commune est devenue une nouvelle passion.
En parallèle de votre investissement associatif, vous proposez une balade historique et sportive aux habitants. En quoi consiste-t-elle ?
Depuis 2023, j’organise une fois par an « La Rochette en courant », une visite de 8 km au pas de course, ponctuée d’une cinquantaine d’étapes. À chaque halte, je partage des anecdotes en tous genres, sur des maisons remarquables, des équipements urbains ou des événements historiques qui se sont déroulés dans ma ville. Cette sortie permet de mêler activité physique et découverte du patrimoine, mais aussi de rencontrer d’autres Rochettois. La balade est aussi accessible à vélo pour ceux qui préfèrent une allure plus tranquille.
Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre le dispositif Greeters ?
J’avais envie de consacrer plus de temps à partager mes passions, mais je ne savais pas comment m’y prendre. C’est là que je suis tombé sur une communication concernant le dispositif France Greeter, porté à l’échelle du territoire par la Communauté d’Agglomération Melun Val de Seine et l’Office de Tourisme Melun Val de Seine. Ce dispositif recherche des ambassadeurs du territoire pour accueillir les visiteurs dans un esprit de tourisme collaboratif ; pile ce que je cherchais ! Ensemble, nous avons imaginé une sortie dans laquelle la dimension sportive serait conservée. C’est ainsi que depuis le mois d’avril, je propose également la « balade des berges de la Seine », un parcours pédestre de 11 km à la demande, de la gare de Melun à la gare de Bois-le-Roi, le long de la Seine, toujours ponctué de points d’intérêt.
Comment les personnes intéressées peuvent-elles s’inscrire ?
C’est très simple : il suffit de se rendre sur le site greeters.fr/melun. Toutes les balades proposées par les Greeters, dont la mienne, y sont listées, avec un formulaire pour réserver sa place.
J’avais envie de consacrer plus de temps à partager mes passions (…)
DATES CLÉS
Années 90
Début de l’engagement associatif à La Rochette.
2023
Création de « La Rochette en courant », une visite de la ville mêlant sport et histoire.
Mars 2026
Laurent Huard rejoint le dispositif des Greeters de Melun Val de Seine.
À lire aussi
Jean-Michel Despin, un chef d’orchestre avec la passion comme partition
À la direction de l’Orchestre Melun Val de Seine (OMVS) depuis près de trente ans, Jean-Michel Despin a accompagné des milliers de musiciens, amateurs et professionnels, et contribué à faire de cette formation un pilier de la politique culturelle de la Communauté d’Agglomération. Retour sur un parcours marqué par la passion, l’innovation et le partage.
Comment votre vocation de chef d’orchestre s’est-elle dessinée ?
La musique a toujours fait partie de ma vie. Après des études au Conservatoire de Nancy, j’ai eu la chance de me former auprès de grands maîtres comme Gérard Devos, Jean-Sébastien Béreau et surtout Sergiu Celibidache, qui reste pour moi une figure majeure. En 1990, j’ai débuté ma carrière en dirigeant ponctuellement la Camerata d’Athènes. Parallèlement, j’ai été invité à diriger divers ensembles en Europe, notamment des orchestres de jeunes issus de conservatoires. Aujourd’hui, en plus de mon poste permanent de chef d’orchestre à Melun Val de Seine, je collabore régulièrement avec des formations en France et à l’étranger, comme à Podgorica, au Monténégro.
Qu’est-ce qui vous a conduit à prendre la direction de l’Orchestre Melun Val de Seine ?
En 1997, la Communauté d’Agglomération m’a contacté pour diriger l’OMVS, créé l’année précédente. L’idée de participer à la naissance d’un orchestre, avec une gouvernance déterminée à en faire un fer de lance culturel, m’a immédiatement séduit. C’était une opportunité unique de construire quelque chose de durable et d’ambitieux.
Qu’est-ce qui distingue l’OMVS des autres formations ?
Son mode de fonctionnement. Les membres de l’Orchestre sont recrutés parmi les élèves des conservatoires du territoire mais aussi d’amateurs de bon niveau, qui, pour bon nombre d’entre eux, viennent d’au-delà des frontières de la Communauté d’Agglomération. Enfin, un compagnonnage a très tôt été instauré : des professionnels sont invités à renforcer certaines familles d’instruments, faire travailler les membres et jouer à leurs côtés lors des concerts. Un modèle innovant qui a fait l’unicité de l’OMVS en France durant ses premières années.
Pouvez-vous nous parler d’une action qui vous tient particulièrement à cœur ?
Parmi les nombreuses initiatives menées depuis la création de l’Orchestre – comme Les Musicales de Melun Val de Seine, les tournées européennes ou la participation de l’OMVS au centenaire de la signature de l’armistice de 1918 au musée de la Gendarmerie Nationale -, la création de la Camerata Melun Val de Seine en 2009 occupe une place spéciale. Cet ensemble, à géométrie variable, du quatuor à 20 musiciens, avait pour ambition de créer un pôle d’excellence en musique classique sur le territoire. Il y a dix ans, le projet a évolué en un programme éducatif auprès des lycées du territoire. Les musiciens de la Camerata ont quitté les grandes scènes pour les salles de classes. Accompagnés d’un historien de l’art, ils rencontrent désormais les élèves pour leur faire découvrir les instruments, les répertoires et l’histoire des musiques classique et baroque. Partager la passion de la musique classique avec les publics les plus éloignés est pour moi essentiel.
Quel regard portez-vous sur l’OMVS aujourd’hui ?
Je suis fier de voir que l’Orchestre a su fidéliser son public et attirer des musiciens toujours plus nombreux. Certains sont là depuis le début, ce qui est très émouvant. J’admire aussi la régularité et l’engagement de tous ceux qui, chaque semaine, relèvent le défi de la musique, à la fois sublime et exigeante. Diriger un orchestre, c’est avant tout une aventure humaine, artistique et musicale.
Diriger un orchestre, c’est avant tout une aventure humaine, artistique et musicale.
DATES CLÉS
1990
Jean-Michel Despin entame sa carrière de chef d’orchestre avec la Camerata d’Athènes.
1997
Il prend la direction de l’Orchestre Melun Val de Seine.
2009
Création de la Camerata Melun Val de Seine.
2026-2027
L’OMVS fête ses 30 ans.
À lire aussi
Geneviève Dogbé, de l’engagement associatif à la création d’un tiers-lieu
Melunaise, Geneviève Dogbé est la directrice et cofondatrice de Place D. Elle revient pour nous sur son parcours associatif et sur les motivations qui l’ont conduite à créer ce tiers-lieu éclectique, installé au 13 rue Notre-Dame à Melun. Un espace de convivialité qui vise à recréer du lien, à l’échelle locale, entre habitants et générations.
Quel a été votre parcours associatif et qu’estce qui a motivé votre engagement ?
Ma première expérience associative a été professionnelle plutôt que bénévole. Jeune diplômée, j’ai travaillé pour le réseau des Comités d’Éducation pour la Santé. Ce n’est que plusieurs années plus tard, à mon retour à Melun en 2015, que je renoue avec le milieu associatif. Une amie me fait découvrir l’association Alternatiba Sénart, qui oeuvre à la sensibilisation sur le dérèglement climatique. Avec eux, je participe à une édition des villages des alternatives et à plusieurs marches pour le climat, notamment à Melun. Je souhaite également m’investir dans la vie melunaise. Je me rapproche donc d’un groupe de citoyens, fondateurs de l’association Les Copains du Coin, axé sur l’animation festive et conviviale et le partage de connaissances entre les habitants de Melun et son agglomération. Avec eux, je participe à la création des ateliers de réparation, toujours actifs aujourd’hui, et je deviens présidente de l’association en 2020. Je crois que chacun a un pouvoir d’action ; j’ai découvert que le mien était celui de l’engagement de proximité.
Comment est née l’aventure Place D ?
J’ai voulu rapprocher mes valeurs citoyennes de ma vie professionnelle. L’idée d’un lieu de vie ouvert, à la croisée des mondes associatif, culturel et économique, s’est alors imposée. N’étant pas issue de l’entrepreneuriat, j’ai sollicité l’accompagnement de l’Atelier, le centre d’affaires de la Communauté d’Agglomération Melun Val de Seine. Pendant près de trois ans, ce dispositif m’a aidée à appréhender la création d’entreprise et à concrétiser chaque étape du projet. Au fil de ce parcours, j’ai rencontré des personnes partageant les mêmes valeurs, avec lesquelles je me suis associée. Ensemble, nous avons défini l’identité de Place D, recherché un local et mobilisé des partenaires financiers. L’Agglomération a d’ailleurs soutenu notre projet en mobilisant des fonds européens pour la création d’espaces de coworking.
Comment définiriez-vous l’identité de ce lieu ?
Place D est un lieu pluriel, construit autour de quatre axes : la restauration, les activités socioculturelles, la communauté professionnelle et le bien-être. Le restaurant a été conçu comme une première porte d’entrée du lieu, tout en servant d’incubateur à de jeunes restaurateurs. Le restaurateur propose une cuisine faite maison élaborée à partir de produits de saison. Le volet socioculturel vise à favoriser les rencontres à travers la culture. Les intervenants organisent des cours (dessin, yoga, ateliers polyglottes, danse…), on met notre salle polyvalente à disposition des habitants qui souhaitent organiser une soirée concert, des expositions… On accueille toutes les idées et on propose notre aide pour les concrétiser. Côté communauté professionnelle, Place D offre un espace de coworking, des bureaux, des salles de réunion et des temps d’échanges conviviaux (cafés des coworkers, rendez-vous networking…). L’objectif est de créer un écosystème d’acteurs locaux qui partagent des valeurs communes et souhaitent faire vivre le territoire. Enfin, le bienêtre est présent partout : dans la restauration, les activités proposées, mais aussi à travers un espace dédié où exercent des praticiens en médecines douces.
Quels sont vos projets à venir ?
Bien que Place D se veuille intergénérationnel, nous peinons encore à toucher la jeunesse. Pour y remédier, nous avons récemment créé un club dédié aux adolescents, ouvert chaque mercredi après-midi de 14h à 17h. C’est un lieu d’expression libre, où les jeunes peuvent expérimenter, créer, échanger. Nous espérons pérenniser cette initiative.
Je crois que chacun a
un pouvoir d’action ; j’ai
découvert que le mien était
celui de l’engagement de
proximité.
À lire aussi
En février, la Communauté d’Agglomération Melun Val de Seine a inauguré trois nouveaux hébergements touristiques : Le Cottage et la Maison Jaune à Limoges-Fourches, ainsi que Les Myosotis à Maincy. Ces projets ont bénéficié du Fonds d’Aide aux Professionnels du Tourisme, mis en place par l’Agglomération.
Comment avez-vous eu l’idée de vous lancer dans l’hébergement touristique ?
Les Myosotis : Nous cherchions une idée pour valoriser une dépendance jusque-là utilisée comme espace de stockage. L’option d’un hébergement touristique nous est apparue comme une évidence, permettant à la fois d’accueillir des visiteurs de passage et de répondre aux besoins des nombreux professionnels du pôle industriel de Melun-Villaroche.
Le Cottage : Nous avons repris une propriété familiale en 2021. Le lancement d’une activité sur place faisait partie de nos objectifs. L’idée de gîte s’est rapidement imposée, avec l’envie d’offrir un lieu chaleureux et authentique.
La Maison Jaune : L’idée de créer un gîte a pris forme naturellement, nourrie par notre intérêt pour le secteur du tourisme et de l’hébergement. Nous avons vu une belle opportunité en raison de son emplacement et du potentiel du lieu. Ce projet familial, porté par une maman et ses fils, a été une motivation supplémentaire où chacun apporte sa pierre à l’édifice.
En quoi le Fonds d’aide de l’Agglomération vous a-t-il été précieux ?
Les Myosotis : L’aide de l’Agglomération nous a offert la possibilité de solliciter des artisans qualifiés, accélérant ainsi le chantier. Elle a principalement servi à financer le gros œuvre, l’isolation, ainsi que les installations électriques et sanitaires.
Le Cottage : Le soutien financier de l’Agglomération nous a permis de réaliser une rénovation complète du logement, qui ne comptait initialement qu’une seule chambre et une salle de bain. Nous avons repensé les espaces, créé une seconde chambre avec sa salle d’eau, et aménagé et sécurisé les extérieurs.
La Maison Jaune : Elle nous a permis de financer la transformation d’une buanderie, portant ainsi à quatre le nombre de chambres, et de réaliser des aménagements extérieurs qui amélioreront le confort de nos hôtes.
Quels sont vos projets pour l’avenir ?
Les Myosotis : Pour l’instant, nous nous consacrons à l’accueil de nos premiers locataires depuis l’ouverture des réservations en mars. Nous souhaitons par la suite renforcer la visibilité de notre gîte en collaborant avec l’Office de Tourisme Melun Val de Seine et la marque d’attractivité du Département « Seine-et-Marne, Vivre en Grand ! », tout en nous appuyant sur des plateformes de location comme Airbnb et Gîtes.fr.
Le Cottage : Nous envisageons d’aménager deux autres gîtes. Mais au-delà de l’aspect immobilier, nous souhaitons structurer et professionnaliser notre activité en assurant une commercialisation efficace, un bon référencement et une expérience optimale pour nos visiteurs. Notre objectif est de contribuer à la dynamique touristique du territoire.
La Maison Jaune : D’abord, consolider l’activité à la suite de l’ouverture fin 2023. Ensuite, nous envisagerons des aménagements spécifiques pour attirer les visiteurs en hiver, comme des espaces chaleureux et des activités extérieures. Nous souhaitons également mieux intégrer la nature, en créant des espaces dédiés à la détente en extérieur et en proposant des expériences authentiques pour nos hôtes.
Contact
77550 Limoges-Fourches
77550 Limoges-Fourches
77950 Maincy
À lire aussi
BIO-EXPRESS
Novembre 2022
Création des Paniers de Fleurine
Début 2023
Ouverture du premier point de collecte chez un commerçant
Début 2024
Ouverture du dispositif aux entreprises
Comment vous est venu le projet Les Paniers de Fleurine ?
FT : Après plusieurs années passées dans le secteur social, notamment au sein du service d’hébergement d’urgence et d’accès au logement du SIAO de la Croix-Rouge, j’ai pu accompagner de nombreuses familles en situation de précarité. J’ai constaté qu’un grand nombre d’entre elles avaient un accès très limité à une alimentation variée et de qualité. Cette réalité m’a donné envie d’agir. En parallèle, mes contacts réguliers avec le secteur alimentaire, et plus particulièrement mes relations au marché de Rungis, m’ont convaincu de me lancer. En 2022, j’ai ainsi créé Les Paniers de Fleurine pour offrir une solution concrète et solidaire.
Quelles sont les spécificités du dispositif ?
FT : Les Paniers de Fleurine, ce sont des paniers de fruits et légumes proposés à tous les publics et à des tarifs solidaires : 10 € pour le petit panier et 20 € pour le grand. Maintenir ces prix accessibles est essentiel, car une simple augmentation pourrait exclure de nombreuses personnes. C’est d’ailleurs grâce à mon fournisseur, qui alimente de nombreux restaurants parisiens dont certains renommés, que cela est rendu possible. Il me fournit des produits destinés à être jetés, simplement en raison de petits défauts esthétiques. La lutte contre le gaspillage alimentaire, c’est ce qui fait aussi l’ADN de mon activité. Même les cagettes trouvent une seconde vie entre mes mains ! Et parce que je tiens à ce que la dimension solidaire soit présente à chaque étape du projet, j’ai fait le choix de solliciter les services d’ateliers et de chantiers d’insertion pour la production des paniers.
Comment organisez-vous les retraits des paniers en l’absence de local commercial ?
FT : Au début, les paniers étaient distribués directement depuis ma cour. Mais face à l’augmentation de la demande, j’ai sollicité des commerçants qui ont accepté de devenir des points de collecte. Aujourd’hui, le dispositif compte 7 points répartis en Seine-et-Marne, dont la boucherie Virginie Bruno et Cie à Saint-Fargeau-Ponthierry, partenaire depuis 2023. Certaines mairies participent également en mettant à disposition leurs locaux pour accueillir les collectes. Ces moments de distribution sont précieux : ils me permettent d’échanger avec les clients pour
leur prodiguer des conseils de consommation, mais aussi avec les bénévoles, dont le soutien régulier est indispensable.
Quels sont vos projets pour l’avenir ?
FT : J’ai de nombreuses idées en tête ! Tout d’abord, je souhaite diversifier le contenu des paniers en proposant, par exemple, un panier de fruits exotiques de qualité pour les occasions spéciales. J’aimerais également intégrer des portions de viande et de poisson, des produits qui, malgré leur coût, font eux aussi l’objet de gaspillage. Cependant, je suis encore en recherche de fournisseurs sensibles à ma démarche. Enfin, je travaille à consolider mon réseau de points de collecte et à poursuivre les partenariats avec des employeurs désireux d’offrir ce service à leurs salariés. Je prévois l’ouverture très prochaine de 2 nouveaux points de collecte (un commerce et une entreprise) en Essonne !
La lutte contre le gaspillage alimentaire, c’est ce qui fait aussi l’ADN de mon activité.
Fleurine Triguel
actualités
Comment Marcel Coulon s’est-il en engagé au sein de la Résistance ?
L. L : C’est un concours de circonstances. Originaire de Normandie et issu d’une famille nombreuse, mon oncle rejoint le Séminaire de Chartes pour oeuvrer au sein d’un diocèse ou d’une paroisse. En 1942, il trouve une place de Sacristain au sein de la paroisse de l’église Saint-Aspais de Melun. Il sera chargé de l’organisation des mariages, des baptêmes et des enterrements. C’est à cette époque qu’une connaissance l’a approché pour lui proposer de rejoindre un réseau de résistance : Les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI).
Quel rôle a-t-il joué au sein de ce réseau ?
L. L : Il faisait partie d’un groupe de liaison chargé de coordonner la défense de la Résistance face à l’occupant. Il disposait d’un point d’observation au sommet du clocher de l’église de Saint-Aspais. Ses patrouilles débutaient à 23h et se terminaient au petit matin. Il transmettait aux membres des FFI ses observations. Bien qu’il ne soit pas resté longtemps Sacristain, il a pu conserver son poste d’observation jusqu’à la Libération.
Au moment de la Libération de Melun, votre oncle a eu un geste héroïque qui a certainement permis de sauver de nombreuses vies. Pouvez-vous nous en dire plus ?
L. L : En août 1944, les troupes militaires américaines sont proches de Melun. La Résistance, avertie, tente de communiquer des informations aux Alliés : « 500 Allemands cachés dans les caves jusqu’au Mée-sur-Seine. Pas d’Allemands dans Melun nord – Épargnez la ville. » Mais des patrouilles allemandes avaient empêché la transmission. C’est alors que mon oncle se propose de traverser la Seine pour transmettre le message de la Résistance. Sur place, il est le seul à savoir nager, bien qu’il ait appris seulement un an auparavant. Dans la soirée du 24 août, il débute sa première traversée. Malgré les tirs, il parvient à franchir le fleuve et arrive au niveau de l’établissement « La Plage » de Melun. Les Alliés lui demandent des détails supplémentaires sur l’emplacement de l’artillerie. Sur le retour, il croise une patrouille allemande qu’il arrive à semer en se cachant dans l’église Saint-Pierre-Saint-Paul de Vaux-le-Pénil. Finalement, il parvient à indiquer les positions des batteries d’artillerie allemande. Son action d’héroïsme a probablement permis d’éviter un bombardement de la ville. L’état-major américain, s’impatientant de l’enlisement des positions allemandes, envisageait de pilonner la rive nord de Melun.
Son action d’héroïsme
a probablement
permis d’éviter
un bombardement
de la ville.
Liliane Laisné, nièce de Marcel Coulon
J’ai mon mot à dire
Réagissez aux informations de cette page.
Nous vous répondrons.
